Sur l'étiquette de beaucoup de compléments, tu trouveras une ligne du type « Blend exclusif : 5 000 mg » suivie d'une liste d'ingrédients… sans le dosage de chacun. Ce mécanisme porte un nom : le blend propriétaire. Et c'est l'une des pratiques les moins transparentes du secteur.
Un blend propriétaire, c'est quoi ?
Un blend propriétaire (ou proprietary blend) regroupe plusieurs ingrédients sous un seul dosage total. Tu connais la quantité globale du mélange, mais pas la dose de chaque ingrédient qui le compose.
Un exemple concret. Une étiquette annonce :
« Complexe Performance, 5 000 mg : créatine monohydrate, bêta-alanine, citrulline malate, taurine, extrait de ginseng. »
Cinq ingrédients, un seul chiffre. Rien ne t'empêche d'imaginer 1 000 mg de chacun. Rien ne t'indique non plus que la réalité puisse être 4 800 mg de créatine et 50 mg des quatre autres.
Pourquoi c'est légal
La réglementation européenne impose de lister les ingrédients par ordre décroissant de quantité, pas d'indiquer ces quantités. Seuls les nutriments faisant l'objet d'une allégation ou soumis à déclaration nutritionnelle doivent être chiffrés.
Autrement dit : l'ordre te dit ce qu'il y a le plus, jamais dans quelles proportions. Un ingrédient placé en deuxième position peut peser cent fois moins que le premier.
Le problème : le « fairy dusting »
Cacher les dosages individuels permet une pratique appelée « fairy dusting » (saupoudrage) : mettre en avant un ingrédient noble sur l'étiquette, mais n'en inclure qu'une trace, trop faible pour avoir le moindre intérêt. Le gros du mélange est alors composé d'ingrédients bon marché, très souvent de la maltodextrine ou un autre support neutre.
Résultat : tu paies pour une promesse que tu ne peux pas vérifier. Sans les dosages, impossible de comparer deux produits, ni de savoir si tu atteins la quantité réellement utile d'un actif.
Et c'est justement là que ça compte
La plupart des ingrédients de la nutrition sportive n'ont d'effet qu'à partir d'un certain seuil, souvent bien documenté. Quelques repères :
- Créatine : l'allégation européenne liée à la performance repose sur 3 g par jour. En dessous, on ne peut pas la revendiquer.
- EPA et DHA : la fonction cardiaque normale demande 250 mg par jour.
- Vitamines et minéraux : il faut atteindre 15 % des valeurs nutritionnelles de référence pour qu'une allégation soit possible.
Un blend qui masque les quantités masque donc aussi le fait que ces seuils ne sont peut-être pas atteints.
Pourquoi certaines marques le font
- Réduire les coûts en limitant les ingrédients chers tout en gardant une liste impressionnante.
- « Protéger une recette » : l'argument officiel. Il tient rarement : un concurrent motivé fait analyser le produit en laboratoire pour quelques centaines d'euros.
- Éviter la comparaison avec la concurrence, qui devient mécaniquement impossible.
Notre règle chez Vitalis : tout est affiché
On ne fait jamais de blend propriétaire. Chaque ingrédient, chaque dosage est indiqué clairement. Tu sais exactement ce que tu prends, et en quelle quantité.
Un exemple : notre Oméga 3 Max affiche le détail, 2 000 mg d'huile de poisson, dont EPA 360 mg et DHA 240 mg pour deux capsules. Pas de « blend marin » flou : des chiffres.
Et pour que ça veuille dire quelque chose, on l'applique aussi quand ça ne nous arrange pas. Notre Pre-Workout contient 1 500 mg de créatine par dose, sous le seuil des 3 g qui conditionne l'allégation performance. On aurait pu écrire « avec de la créatine » en gros. On préfère expliquer pourquoi ce dosage ne suffit pas à revendiquer cet effet.
Comment repérer un blend propriétaire
- Une ligne « blend », « complexe », « matrice » ou « formule » avec un seul dosage total.
- Des ingrédients listés sans mg en face.
- Beaucoup d'ingrédients « marketing » pour un dosage global modeste.
- Un nom commercial qui remplace la liste (« Technologie ProMax™ »).
Les blends sont-ils toujours un mauvais signe ?
Sur un produit à un seul ingrédient (une créatine monohydrate pure, par exemple), la question ne se pose pas. Le risque grandit avec le nombre d'ingrédients : c'est sur les pre-workout, les « fat burners » et les complexes à dix composants que la pratique fait le plus de dégâts.
Une règle simple : plus la liste est longue, plus l'absence de dosages est suspecte.
Ce qu'il faut retenir
- Un blend propriétaire cache la répartition réelle derrière un total unique.
- C'est légal, parce que la loi impose l'ordre, pas les quantités.
- Ça rend toute comparaison impossible et masque les sous-dosages.
- Plus la liste d'ingrédients est longue, plus l'absence de chiffres doit t'alerter.
La transparence, ce n'est pas un argument : c'est la base. On détaille nos procédés sur la page notre fabrication, et on applique la méthode à un cas concret dans whey sans blend propriétaire : comment la reconnaître.
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